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Comment progresser en descente en trail ? 🏃

DerniĂšre mise Ă  jour : 30 mai 2024

Le trail running est un sport qui met à l'épreuve les capacités physiques, techniques et mentales. Il est bien plus qu'une simple course à pied sur terrain varié. C'est une aventure qui offre des défis uniques, comme les ascensions exigeantes et les descentes périlleuses.


Dans cet article, nous allons explorer le cÎté souvent négligé de ce sport passionnant : la descente.


  • Pourquoi est-ce un exercice excentrique ? đŸŠ”

  • Quelles sont les diffĂ©rences entre les montĂ©es et les descentes ? ↗ 🆚 ↘

  • Quels phĂ©nomĂšnes physiologiques la descente entraĂźne-t-elle ? 🧬

  • Est-ce plus risquĂ© pour nos genoux et nos chevilles ? đŸ€•

  • Comment s'entraĂźner pour progresser en descente ? 📈


Nous allons aborder ces questions et bien plus encore, en vous fournissant des informations scientifiquement soutenues et des conseils pratiques pour améliorer vos performances en descente et rendre votre expérience de trail encore plus agréable. Alors, chaussez vos chaussures de trail et plongez vous dans la lecture !


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1. Pourquoi parle-t-on d’excentrique Ă  la descente ? đŸŠ”

Lorsque l'on parle de descente en trail, le terme "excentrique" revient souvent. En effet, la descente en trail est principalement un exercice d'entraĂźnement excentrique. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ?


En physiologie musculaire, le travail excentrique dĂ©signe une contraction oĂč le muscle se contracte tout en s'allongeant. Cette situation se produit particuliĂšrement lors de la descente d'une pente, oĂč les muscles, comme les quadriceps, travaillent activement pour stabiliser le genou (spoil : ils ne sont pas les seuls 😉). Pour simplifier, le travail excentrique permet de contrĂŽler l'impact ou de lutter contre la charge appliquĂ©e (en musculation) ou subie (en descente) en la freinant le plus possible. Ainsi, le muscle s'allonge en parallĂšle d'une contraction musculaire.


Lors d'une descente, plusieurs groupes de muscles sont sollicités. Les quadriceps sont particuliÚrement actifs, mais les ischio-jambiers ainsi que les soléaires, qui ralentissent l'accélération du tibia, participent également à l'effort.

Cependant, ce type de contraction musculaire excentrique est souvent associĂ© Ă  une plus grande fatigue musculaire et Ă  des douleurs post-exercice. Pourquoi ? Parce qu'il provoque plus de microtraumatismes dans les fibres musculaires que les contractions concentriques, oĂč le muscle se contracte et se raccourcit.


En fait, les descentes, et donc le travail excentrique, infligent des altĂ©rations structurelles au niveau du muscle. On observe des ƓdĂšmes inflammatoires, des dommages au niveau des fibres, une augmentation des marqueurs inflammatoires, et cela jusqu'Ă  96 heures, soit 4 jours, aprĂšs l'effort.


Maintenant que nous comprenons pourquoi nous parlons d'excentrique à la descente, explorons les différences entre les montées et les descentes.


2. Quelles sont les diffĂ©rences entre montĂ©es et descentes ? ↗ 🆚 ↘

MontĂ©es et descentes en trail sont deux faces d'une mĂȘme piĂšce, chacune offrant ses propres dĂ©fis et demandant une combinaison spĂ©cifique de compĂ©tences et d'efforts physiques.


Durant les phases de montée, l'endurance, la puissance et la capacité à maintenir un rythme constant malgré la force de gravité sont des compétences clés. Dans ce contexte, on observe une production de force principalement verticale. Les quadriceps sont largement sollicités, avec une contribution importante des muscles extenseurs de la jambe.


En revanche, la descente met davantage l'accent sur la technique. Descendre, c'est avant tout contrÎler l'impact. La stabilité et le contrÎle sont essentiels pour permettre à la gravité de faire son travail sans entraßner de chutes ou de blessures. Les muscles sont sollicités de maniÚre excentrique, comme nous l'avons précédemment mentionné, avec un travail important des quadriceps, des ischio-jambiers et des soléaires. Pendant la descente, les muscles s'allongent tout en contractant, un processus qui demande une concentration intense.


De plus, les descentes impliquent une rĂ©sistance Ă  des chocs successifs, crĂ©ant un stress physiologique considĂ©rable sur les muscles. Ces contraintes rĂ©pĂ©tĂ©es entraĂźnent souvent des douleurs musculaires diffĂ©rĂ©es, ou courbatures, aprĂšs l'exercice. Nous verrons plus tard qu’il faut adapter la rĂ©cupĂ©ration.

En résumé, si la montée est une question de puissance et d'endurance, la descente est plutÎt une affaire de contrÎle, de technique et de gestion des impacts.


Avec cette compréhension des différences entre les montées et les descentes, explorons maintenant les phénomÚnes physiologiques induits par la descente.


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3. Quels phĂ©nomĂšnes physiologiques entraĂźnent la descente ? 🧬

Les descentes en trail ne sont pas seulement un défi pour la maßtrise technique, elles suscitent également une série de réactions physiologiques complexes.


PremiĂšrement, les descentes peuvent entraĂźner une perte notable de force. C'est une consĂ©quence des altĂ©rations structurelles que nous avons Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Un athlĂšte performant est celui qui parvient Ă  minimiser cette perte de force aprĂšs une descente et Ă  maintenir une capacitĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer de la force, tant sur le plat qu'en montĂ©e. Un exemple intĂ©ressant est celui des coureurs kenyans spĂ©cialisĂ©s en course sur route et cross-country, habituĂ©s aux terrains avec trĂšs peu de dĂ©nivelĂ©. Bien qu'ils soient compĂ©titifs en montĂ©e et surpassent mĂȘme les meilleurs mondiaux sur le plat, nombreux sont ceux qui perdent des courses en descente faute d'un entraĂźnement spĂ©cifique Ă  cette discipline.


DeuxiÚmement, la descente est, sur le plan énergétique, moins exigeante que l'ascension. Cela s'explique par la nature de la force excentrique en jeu. Cependant, la descente peut affecter l'économie de course ultérieure (sur le plat et en montée) et entraßner une augmentation de la ventilation et de la fréquence cardiaque moyenne. Ces phénomÚnes seraient liés aux altérations des articulations et des tendons aprÚs une descente.


Enfin, bien que la descente permette de dissiper l'énergie sans solliciter la VO2max comme cela est le cas sur le plat ou en montée, l'effort n'est pas pour autant sans conséquence sur le systÚme cardiovasculaire. Des études montrent que le coût énergétique augmente de nouveau dÚs que la pente dépasse 20%. Le systÚme cardiovasculaire est alors de nouveau fortement sollicité.


Maintenant que nous avons exploré les phénomÚnes physiologiques liés à la descente en trail, il est temps de nous pencher sur une question importante : "Ai-je plus de risques de me blesser à la descente ?"


4. Ai-je plus de risques de me blesser Ă  la descente ? đŸ€•

Il n’est pas rare d’entendre :

  • “La descente c’est dangereux pour tes genoux, tu vas te blesser !”.

  • “C’est trop pĂ©rilleux de descendre pour tes chevilles, tu vas te faire une entorse !”

Et pourtant



L'une des principales prĂ©occupations des coureurs de trail est le risque de blessures liĂ© aux descentes. Nombreux sont ceux qui craignent que ces parties du parcours ne soient trop "dangereuses pour les genoux" ou qu'elles n'entraĂźnent des entorses de cheville. Pourtant, si elles sont abordĂ©es correctement, les descentes peuvent jouer un rĂŽle dans la prĂ©vention des blessures. 👌


Lorsque l'entraßnement est adapté individuellement et réalisé de maniÚre chronique, le corps développe un systÚme protecteur en réponse au stress physiologique. Les structures tendineuses, musculaires, osseuses, et les connexions nerveuses s'adaptent spécifiquement. Cela se traduit par une amélioration de la proprioception du coureur et une augmentation de sa confiance en lui sur ce type de terrain.


Nous savons qu’il est normal de ressentir des douleurs aprĂšs une sĂ©ance de descentes. Comme nous l'avons mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, ces douleurs sont le rĂ©sultat d'altĂ©rations structurelles dans les muscles, et elles peuvent persister de 48h jusqu'Ă  4 jours aprĂšs une sĂ©ance. Cependant, le corps a ses propres capacitĂ©s de rĂ©cupĂ©ration qui dĂ©pendent de nombreux facteurs tels que la nutrition, le sommeil, l'historique de blessures, la gĂ©nĂ©tique, et le temps de rĂ©cupĂ©ration entre deux sĂ©ances. Il est donc essentiel de respecter cette capacitĂ© de tolĂ©rance, d'adapter le temps de rĂ©cupĂ©ration entre deux sĂ©ances, et de d’évoluer de maniĂšre rĂ©flĂ©chie et progressive dans la demande et la difficultĂ© de l’entraĂźnement.


L'erreur serait de stopper complĂštement l'entraĂźnement pendant un certain temps suite Ă  une sĂ©ance de descente. MĂȘme si vous ressentez encore des douleurs, vous pouvez courir Ă  plat, marcher par exemple.

Ce peut aussi ĂȘtre l’occasion de pratiquer un sport portĂ© : vĂ©lo, natation, etc. L'objectif est de trouver le juste milieu pour ne pas sous-solliciter votre corps et Ă©viter le dĂ©sentraĂźnement.


Maintenant que nous avons démystifié le risque de blessures en descente et appris comment le corps s'adapte à ces défis, il est temps d'explorer comment nous pouvons réellement améliorer notre technique de descente en trail. Alors, préparez-vous, lacez vos chaussures de trail et penchez-vous en avant, car nous sommes sur le point de plonger dans le vif du sujet : quelles séances mettre en place pour progresser en descente ?


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5. Quelles sĂ©ances mettre en place afin de progresser en descente ? 📈

Une chose est sĂ»re, la progression dans la descente en trail ne s'acquiert pas du jour au lendemain. Plusieurs facteurs entrent en jeu et doivent ĂȘtre pris en compte : la progressivitĂ©, la posture, le renforcement et la rĂ©cupĂ©ration.


La progressivitĂ© 📊

Il est essentiel d'adapter votre entraßnement en fonction de vos capacités, en veillant à moduler la vitesse, la durée et la technicité de vos séances. Se surévaluer peut conduire à des blessures et à un entraßnement non optimal.


Dans un premier temps, rĂ©aliser ses sĂ©ances sur un chemin large avec une faible pente, ainsi qu’une technicitĂ© simple est l’idĂ©al, de l’athlĂšte amateur Ă  celui plus expert en reprise.

On peut imaginer la séance suivante :


10 x 100 mĂštres de descente courues avec un engagement total

Les mÚtres sont une distance totale et non pas un dénivelé négatif


Il existe aussi une sĂ©ance trĂšs ludique qui expose le coureur aux descentes tout en dĂ©veloppant VO2max : il s’agit du Jerk dĂ©veloppĂ© dans un prĂ©cĂ©dent article, en cliquant ici. 👈


La posture 🏃

Elle joue un rÎle crucial en descente. Il est recommandé de toujours projeter son corps vers l'avant, d'anticiper la pose du pied en fonction de la technicité du terrain. Pour cela, ne regardez jamais vos pieds mais toujours 2 à 3 mÚtres devant vous. Le relùchement est aussi essentiel : restez concentré, mais évitez de vous crisper. Enfin, n'hésitez pas à ajuster votre allure en fonction de votre confiance envers le terrain et vos capacités.


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Le renforcement đŸ‹ïž

Il ne faut pas négliger le renforcement des muscles impliqués dans la descente. Un exercice particuliÚrement efficace est le Nordic Hamstring. Cet exercice, qui cible principalement les ischios-jambiers, consiste à se mettre à genoux, les pieds maintenus au sol, et à basculer en avant en maintenant le buste le plus droit possible.


La rĂ©cupĂ©ration 😮

La descente entraßne des courbatures, mais ne vous y trompez pas, il s'agit là d'un signe que votre corps s'adapte à l'effort. Les protocoles de récupération varient d'une personne à l'autre. Qu'il s'agisse d'électrostimulation, de repos complet, ou de footing à basse intensité, il n'existe pas de meilleure méthode, bien que de nombreuses études scientifiques aient mis en place des protocoles différents. Cependant, il faut surtout moduler les paramÚtres de volume et d'intensité afin de s'exposer progressivement aux descentes.


Il est essentiel de garder Ă  l'esprit que chaque coureur est unique. L'individualisation de l'entraĂźnement est donc primordiale pour permettre une progression optimale en descente. Alors, n'oubliez pas : Ă©coutez votre corps, restez patient et progressif, et surtout, profitez de vos sessions de trail running !



Ibex outdoor, c'est quoi ? C'est qui ?

Ibex compte aujourd'hui une équipe composée de 10 entraßneurs et 1 diététicienne-nutritionniste, toutes et tous diplÎmés, spécialisés et passionnés par les sports outdoor d'endurance. Qu'il s'agisse d'un trail de 12km, d'un 100 miles ou encore d'une traversée à vélo, nous aurons plaisir à vous accompagner dans votre préparation et ce quelque soit votre niveau et vos objectifs.


Nous vous proposons un suivi à distance, adapté à votre vie personnelle et professionnelle, le tout, en adéquation avec vos objectifs.



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